Comprendre la crise économique : Les racines du mal

Contrairement à ce que m’on pourrait croire, l’origine de la crise n’est pas financière. La crise financière n’est que le symptôme : il y a eu la crise financière de 1987, puis celle de 1997 en Asie sans qu’il y ait un impact fort sur les économies. En 2001 il y a eu une forte chute de la bourse (-70% environ, chute comparable à la crise de 1929) sans que, pour autant, les économies des pays industrialisés connaissent une récession, tout au plus une ou deux années de croissance économique atone. C’est pour cette raison que de nombreux économistes et de responsables de gouvernement ne se sont guère inquiétés des conséquences économiques à l’automne 2008 : un ou deux trimestres difficiles dans le pire des cas prévoyait-on. En très peu de temps le discours a changé et le diagnostic est plus grave. Pourquoi ? La réalité met à jour les racines de la crise : un écart croissant des revenus  se concrétisant par l’appauvrissement des classes moyennes. Il y a de plus en plus de pauvres (avec l’apparition des travailleurs pauvres) même s’il y a, aussi, de plus en plus de riches (mais dans une proportion vraiment bien plus infime). Ainsi la proportion des classes moyennes a fortement diminué. Or c’est cette même classe moyenne qui consomment le plus et alimente la demande. Résultat : la consommation tant à stagner voir à diminuer. C’est ainsi que les entreprises qui offrent des biens courants, comme l’automobile, les appareils ménagers, voient leur chiffre d’affaires au mieux stagner au pire s’effondrer. Par exemple, aucun constructeur automobile n’y échappe, pas même les marques allemandes comme BMW ou Audi. Le marché immobilier souffre le plus : après avoir vu les prix augmenter de plus de 150% depuis 2000 (pour une augmentation des revenus de l’ordre de seulement 5%) la situation ne pouvait plus durer. L’effondrement des prix et la crise dans le secteur immobilier n’est pas une surprise. Continuer la lecture de « Comprendre la crise économique : Les racines du mal »